Ces mots qui te semblent clairs, mais qui ne le sont pas pour ton client

Il y a des mots que tu utilises depuis longtemps.

Des mots que tu as appris en formations ou qui désigne une pratique ou un don que tu utilises à la perfection. Ces mots, tu les retrouves sur les sites de tes consœurs. Tu les entends dans les cercles où tu évolues.

Des mots comme « accompagnement holistique« . Comme « rééquilibrage énergétique ». Comme mieux-être, comme corps-esprit. Comme prendre soin de soi en profondeur.

Ces mots te semblent justes. Ils décrivent bien ce que tu fais. Ils sont doux, professionnels, familiers.

Le problème, c’est que pour quelqu’un qui te découvre, ces mots créent du flou.

Ce que tu entends, et ce que ton visiteur entend

Quand tu écris accompagnement holistique, tu sais exactement ce que ça veut dire. Tu vois la séance. Tu vois la posture. Tu vois le lien entre le corps, l’émotion, l’alimentation, le rythme de vie.

Ton visiteur, lui, lit deux mots. Il ne sait pas ce que ça contient. Il ne sait pas ce que ça change. Il ne sait pas si c’est pour lui.

Ce n’est pas un problème d’intelligence. C’est un problème de référence. Tu utilises le vocabulaire de ton métier. Ton visiteur cherche une réponse à ce qu’il vit.

Ce sont deux langues différentes.

Et quand on parle dans la langue du métier à quelqu’un qui pense dans la langue de son quotidien, il ne se reconnaît pas. Il passe. Non pas parce que ton travail ne le concerne pas, mais parce que rien, dans ce qu’il lit, ne lui permet de le savoir.

Quand tu te présentes pas ton métier, tu décris ton savoir-faire.
Ici, c’est un cran plus subtil : tu utilises des mots qui semblent parler de lui, mais qui restent dans ton cadre à toi.

Pourquoi ces mots te semblent clairs

Il y a une raison simple pour laquelle tu ne vois pas le problème.

Ces mots fonctionnent dans ton environnement. Quand tu dis rééquilibrage énergétique à une consœur, elle comprend. Quand tu écris retrouver l’harmonie dans un groupe de thérapeutes, personne ne te demande ce que ça veut dire.

Alors tu les utilises sur ton site. Et ça te semble naturel.

Mais ton site ne s’adresse pas à tes consœurs. Il s’adresse à quelqu’un qui ne connaît pas ton métier, qui ne connaît pas ton vocabulaire, qui cherche une réponse à quelque chose de précis — et qui a besoin de se reconnaître en quelques secondes.

C’est exactement ce décalage que décrit l’article principal de cette série : se faire connaître en tant que thérapeute ne se résume pas à communiquer — encore faut-il être comprise.

Le test que tu peux faire maintenant

Prends une phrase de ton site. N’importe laquelle. Une phrase que tu aimes bien, qui te semble représenter ce que tu fais.

Maintenant, lis-la comme si tu ne savais rien de ton métier.

Pose-toi cette question :

Est-ce que cette phrase crée une image précise dans la tête de quelqu’un qui ne me connaît pas ?

Pas une impression. Pas une ambiance. Une image. Une situation. Quelque chose qu’il peut se représenter.

Si la réponse est non, le mot n’est pas faux, il est juste vide pour cette personne.

Ce qui se passe quand les mots ne créent pas d’image

Ce n’est pas que ton visiteur ne comprend pas le français. C’est qu’il lit quelque chose qui ne lui permet pas de se projeter.

Accompagnement holistique — il ne sait pas ce qui va se passer concrètement.

Rééquilibrage — il ne sait pas de quoi on parle. Rééquilibrage de quoi ? Par rapport à quoi ?

Prendre soin de soi en profondeur — il ne sait pas ce que ça veut dire pour lui, dans sa situation.

Alors il fait l’une de ces trois choses :

  • Il passe à autre chose.
  • Il te contacte pour te poser des questions, et là, tu dois tout réexpliquer.
  • Il reste sur une impression vague, et il ne revient pas.

Dans les trois cas, tes mots n’ont pas fait leur travail. Non pas parce qu’ils étaient mal choisis. Mais parce qu’ils n’étaient pas adressés à la bonne personne, dans la bonne langue.

La différence entre un mot juste et un mot qui fonctionne

Un mot juste, c’est un mot qui décrit bien ce que tu fais.

Un mot qui fonctionne, c’est un mot qui permet à ton visiteur de se dire : « Ça, c’est ce que je vis. »

Ce n’est pas la même chose.

Rééquilibrage énergétique est un mot juste.

Tu te réveilles fatiguée tous les matins, même après huit heures de sommeil : ça, c’est une phrase qui fonctionne. Parce qu’elle décrit une situation. Elle crée une image. Quelqu’un qui vit ça se reconnaît immédiatement.

Accompagnement holistique est un mot juste.

On regarde ensemble ce qui se passe dans ton corps, ton assiette, ton rythme, ton sommeil : ça, c’est une phrase qui fonctionne. Parce qu’elle montre ce qu’on va faire concrètement.

La question n’est jamais : est-ce que ce mot est correct ?

La question est : Est-ce que ce mot permet à quelqu’un de se reconnaître ? Est-ce qu’il fait partie du langage de la personne que je cible ?

C’est le même principe que relire ton site avec les yeux de tes visiteurs. Ce qui compte, ce n’est pas ce que tu sais de ta pratique, c’est ce que ton visiteur comprend de ce qu’il lit.

Ce que ça ne veut pas dire

Ça ne veut pas dire que ces mots sont interdits.

Ça ne veut pas dire que tu dois renoncer à ton vocabulaire, simplifier ta pratique ou la réduire à quelque chose qu’elle n’est pas.

Ça veut dire une chose : ces mots, seuls, ne suffisent pas. Ils ont besoin d’un contexte. D’une situation. D’un ancrage dans le quotidien de la personne qui te lit.

Tu peux dire accompagnement holistique, à condition qu’avant ou après, tu montres concrètement ce que ça veut dire pour quelqu’un qui vient te voir.

Le mot devient clair quand il est relié à une expérience que ton visiteur reconnaît.

Ce qui rend un message lisible

Ce n’est pas une question de vocabulaire riche ou pauvre. C’est une question de point de départ.

Si tu pars de ton métier, tu décris ce que tu fais. C’est légitime. Mais ça demande à ton visiteur de traduire.

Si tu pars de ce que vit ton visiteur, tu décris quelque chose qu’il connaît déjà. Et la traduction se fait toute seule.

Le point de départ change tout. Et c’est souvent le seul ajustement nécessaire.

Et si tu ne sais pas par où commencer

C’est normal. Quand tu es plongée dans ta pratique tous les jours, les mots que tu utilises te semblent évidents. Il n’y a rien d’anormal à ne pas voir ce décalage, c’est justement parce que tu connais trop bien ton métier que certaines choses te paraissent claires alors qu’elles ne le sont pas pour un regard extérieur.

C’est exactement ce que permet À la loupe : une lecture de ta communication depuis le point de vue de quelqu’un qui te découvre. Pour localiser les endroits où tes mots ne créent pas l’image que tu crois — et savoir quoi ajuster.

Élargis tes horizons avec ces prochaines lectures

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