Tes prestations sont claires pour toi, pas pour ton client

Tu proposes des séances individuelles. Un pack de plusieurs séances, peut-être. Un atelier de temps en temps. Un programme sur quelques semaines.

Tu sais ce que chaque prestation contient. Tu sais combien de temps ça dure, comment ça se passe, ce que ça apporte.

Et quand tu regardes ton site, tu te dis que c’est clair.

Mais quelqu’un qui te découvre ne voit pas la même chose que toi. Il voit des intitulés, des durées, des prix. Il voit que tu proposes plusieurs choses. Ce qu’il ne voit pas, c’est laquelle le concerne — et pourquoi.

Pas parce qu’il manque des informations. Parce que celles qui sont là décrivent ce que tu fais, pas ce que ça change pour lui.


Ce mot qu’on n’utilise pas, et qu’il faut poser quand même

Il y a un mot que la plupart des thérapeutes n’utilisent pas pour parler de leur travail. C’est le mot offre.

Il sonne commercial. Il évoque des tunnels de vente, des pages de promotion, des stratégies pensées pour convaincre. Rien à voir avec ce que tu fais au quotidien.

Alors tu ne l’utilises pas. Tu parles de tes séances, de tes accompagnements, de tes ateliers. Ce sont les mots justes pour toi.

Mais le mot offre, dans son sens le plus simple, désigne quelque chose de très concret :

Ce que tu proposes + pour qui + pour quel besoin + ce que ça change.

C’est tout.

Pas un argumentaire. Pas un discours de vente. Juste une réponse organisée à un besoin identifié. Quelqu’un traverse quelque chose de précis. Tu as une compétence qui peut l’aider. Ton offre, c’est le pont entre les deux, formulé pour que l’autre comprenne qu’il peut le traverser.

Tes séances, tes packs, tes ateliers, ce sont des formats. Des contenants. L’offre, c’est ce qui relie chaque contenant à une situation vécue par quelqu’un.

Quand ce lien manque, le visiteur voit le contenant. Il ne voit pas en quoi c’est pour lui.

(Lire aussi : Se faire connaître en tant que thérapeute : pourquoi communiquer ne suffit pas)


Ce que le visiteur voit quand il arrive sur ta page

Sur beaucoup de sites de thérapeutes, la page de prestations ressemble à ça :

Séance individuelle — 1h — 60 € Réflexologie plantaire / Massage bien-être / Soin énergétique

Pack 5 séances — 275 €

Atelier « Gestion du stress » — samedi 15 mars — 45 €

Programme « Renouveau » — 3 mois — 390 €

Durées, prix, intitulés, tout y est.

Maintenant, mets-toi à la place de quelqu’un qui arrive sur cette page sans te connaître. Quelqu’un qui dort mal depuis trois mois, qui est épuisé, qui a tapé quelque chose dans Google ou qui a cliqué sur un lien parce qu’une amie lui a parlé de toi.

Il lit. Et il se demande :

Est-ce que la séance individuelle, c’est pour moi ? Ou c’est le programme ? Pourquoi cinq séances dans le pack. J’en ai besoin de cinq ? L’atelier sur le stress, c’est mon genre de stress ? Et c’est quoi la différence entre la séance de réflexologie et le soin énergétique ?

Aucune de ces questions ne trouve sa réponse sur la page. Alors il fait l’une des deux choses suivantes : il te contacte pour demander des précisions, ou il s’en va.


Trois choses que tu fais sans t’en rendre compte

Tu listes tout ce que tu sais faire

Tu maîtrises plusieurs techniques. Réflexologie, naturopathie, massage, soins énergétiques. Et tu veux que ton visiteur sache que tu es compétente dans chacune d’elles.

Alors tu listes. Comme un CV de compétences.

Le problème, c’est que ton visiteur ne cherche pas une thérapeute qui sait faire beaucoup de choses. Il cherche quelqu’un qui peut l’aider avec sa chose à lui. Et quand il voit cinq ou six intitulés au même niveau, sans hiérarchie, il ne sait pas lequel est le bon point d’entrée.

Il voit tout. Il ne sait pas quoi choisir.

(Lire aussi : Tu te présentes par ton métier et tes techniques, au lieu de parler du vécu de ton client)

Tu décris le format, pas le besoin

« Séance d’1h — 60 €. »

C’est une information utile. Mais ce n’est pas suffisant pour décider.

Une heure de quoi ? Pour quelqu’un qui traverse quoi ? Quelqu’un qui ne dort plus depuis six mois et quelqu’un qui veut simplement se détendre un samedi après-midi, ce n’est pas le même besoin, pas la même attente, pas la même séance.

La durée et le prix décrivent un cadre. Ils ne disent rien de ce que le visiteur peut en attendre.

Tu mets tout au même endroit

Séances individuelles, packs, ateliers ponctuels, programme de trois mois, tout est sur la même page, souvent les uns sous les autres.

Pour toi, c’est cohérent. C’est l’ensemble de ce que tu proposes.

Pour le visiteur, c’est un catalogue. Il ne sait pas ce qui est le point d’entrée. Il ne sait pas ce qui s’adresse à quelqu’un qui vient pour la première fois et ce qui est conçu pour quelqu’un qui te connaît déjà. Tout a le même poids. Alors que tout n’a pas la même fonction.


Ce qui manque, et que tu ne penses pas à mettre

Tu n’as pas besoin d’ajouter plus de contenu. Tu as besoin de relier ce qui est déjà là à un besoin.

Chaque prestation que tu proposes pourrait répondre à quatre questions. Quatre questions simples que ton visiteur se pose, même s’il ne les formule pas consciemment.

C’est pour qui ? Pas « pour tout le monde ». Pas « pour les personnes qui veulent aller mieux ». Une situation. Un moment. Un profil.

Par exemple : « Pour quelqu’un qui dort mal depuis plusieurs mois et qui a déjà modifié son hygiène de vie sans résultat. »

C’est pour quel besoin ? Pas ta technique. Le besoin tel que la personne le ressent. Ce qu’elle dirait à une amie en en parlant.

Par exemple : « Je suis épuisée tout le temps, même quand je dors huit heures. »

Qu’est-ce que ça change ? Pas une promesse de guérison. Quelque chose de concret. Ce qui sera différent après.

Par exemple : « On identifie ensemble ce qui perturbe ton sommeil (alimentation, rythme, tensions) et on travaille dessus concrètement. »

En quoi c’est différent de tes autres prestations ? Pourquoi cette formule plutôt qu’une autre. Ce qui la distingue dans ce que tu proposes.

Par exemple : « La séance individuelle, c’est un premier état des lieux. Le programme, c’est pour aller en profondeur sur plusieurs semaines. »

Quand ces quatre réponses sont posées, le visiteur n’a plus besoin de deviner. Il lit, il se reconnaît — ou pas. Et il peut décider.


Ce que tu peux regarder maintenant

Ouvre la page où tu présentes tes prestations. Pour chaque élément, regarde :

  • Est-ce qu’un visiteur qui ne te connaît pas sait si c’est pour lui ?
  • Est-ce qu’il comprend la différence entre cette prestation et les autres ?
  • Est-ce qu’il voit ce que ça va changer pour sa situation ?
  • Est-ce qu’il peut décider sans te contacter d’abord ?

Si la réponse est non pour un seul de ces points, ce n’est pas que ton travail manque de valeur. C’est que ta présentation ne donne pas assez de repères pour que quelqu’un fasse un choix.


Le lien que tu ne fais peut-être pas encore

Tu sens que quelque chose coince. Les gens visitent ton site mais ne prennent pas rendez-vous. Tu changes un texte, un titre, tu ajoutes une prestation, tu en retires une autre. Tu cherches le bon mot, la bonne formulation.

Mais tu ne relies pas cette sensation à quelque chose de plus simple : tes prestations décrivent ce que tu fais, pas ce que ça résout pour quelqu’un de précis.

Ce n’est pas que tu refuses de cadrer. C’est que ça ne te paraît pas nécessaire. Parce que pour toi, c’est évident.

Sauf que ton visiteur n’a pas accès à ce qui est évident pour toi. Il n’a que ce qui est écrit. Et si ce qui est écrit, c’est un format, un prix et un intitulé, il doit deviner tout le reste.

La plupart des gens ne devinent pas. Ils partent.

Lire aussi : Relire ton site avec les yeux de tes visiteurs : 3 exercices simples


Quand c’est cadré, quelque chose change

Quand ce que tu proposes est relié à un besoin précis, formulé pour un profil identifiable, distinct du reste de tes prestations, quelque chose change dans la lecture.

Le visiteur ne se demande plus « c’est quoi exactement ? ». Il se dit « c’est exactement ce que je cherche », ou « ce n’est pas pour moi ». Dans les deux cas, c’est une bonne réponse. Parce qu’une réponse claire vaut toujours mieux qu’un doute silencieux.

Ce n’est pas du commerce. C’est de la clarté. La même clarté que tu mets dans tes séances quand tu expliques à quelqu’un ce que tu vas faire et pourquoi, appliquée cette fois à la façon dont tu le présentes avant qu’il te rencontre.


Tu sens que tes visiteurs ne comprennent pas ce que tu proposes, mais tu ne sais pas ce qui bloque exactement ? À la loupe, c’est une lecture de ta communication depuis le point de vue de quelqu’un qui te découvre. Pour identifier ce qui empêche la compréhension, et savoir par où commencer.

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