Relire ton site avec les yeux de tes potentiels clients

Quelqu’un arrive sur ton site.

Ce n’est pas un inconnu. Il a vu un de tes posts. Ou quelqu’un lui a parlé de toi. Ou il a lu un commentaire quelque part et il a cliqué sur ton profil, puis sur le lien de ton site.

Il arrive avec de la curiosité. Un début d’intérêt. Peut-être même un besoin qu’il n’a pas encore formulé clairement.

Et puis il atterrit sur ta page d’accueil.

Il lit trois lignes. Il défile. Il tombe sur des paragraphes longs qui parlent de ta méthode, de ton parcours, de ta vision. Il cherche quelque chose qui le concerne : lui, sa situation, ce qu’il traverse. Il ne trouve pas. Ou pas assez vite.

Alors il ferme l’onglet. Pas par désintérêt. Par fatigue. Parce qu’il n’a pas envie de fouiller, de décortiquer, de deviner si c’est pour lui.

Il était presque prêt. Ton site ne l’a pas aidé à faire le dernier pas.

Et toi, quand tu relis cette même page, tu ne vois pas le problème. Parce que tu sais déjà tout ce qu’il aurait fallu comprendre.

Cet article te propose trois exercices simples pour commencer à voir ton site autrement. Pas une méthode complète. Juste assez pour repérer les endroits où cette personne (celle qui était curieuse) décroche.


Pourquoi tu ne peux pas voir ce qu’il voit

Ce n’est pas une question de recul. C’est un mécanisme.

Quand tu as écrit une phrase, ton cerveau sait ce que tu voulais dire. Alors quand tu la relis, il complète. Il ajoute le contexte, il relie les sous-entendus, il donne du sens à ce qui — pour quelqu’un d’autre — n’en a pas encore.

Prenons un exemple.

Tu écris : « Je vous accompagne dans une démarche holistique de mieux-être. »

Quand tu relis ça, tu vois tes consultations, ton approche, les transformations que tu as accompagnées.

Ton visiteur, lui (celui qui a cliqué parce qu’un post l’avait touché) voit une phrase vague. Il se dit : « OK, mais concrètement ? ». Il défile. Il tombe sur ton parcours. Il défile encore. Il cherche quelque chose qui décrit ce qu’il vit, lui. Il ne trouve pas.

Il ne se dit pas « ce site est mauvais ». Il se dit « je ne crois pas que ce soit pour moi ». Et il repart.

Ce n’est pas que ton texte est faux. C’est que rien ne lui a permis de se reconnaître assez vite.

(C’est ce qu’on explore en détail dans l’article sur la différence entre écrire quelque chose de vrai et écrire quelque chose qu’on comprend.)


Exercice 1 — Ta première phrase retient-elle quelqu’un qui est déjà curieux ?

Ouvre ta page d’accueil. Lis uniquement la première phrase.

Imagine que tu es cette personne. Celle qui a vu ton post, qui a trouvé ça intéressant, et qui vient voir ton site pour en savoir plus. Elle arrive avec un début de confiance. Pas une confiance aveugle, juste assez pour te donner 30 secondes.

Est-ce que ta première phrase récompense cette confiance ?

Est-ce qu’elle lui dit : « Tu es au bon endroit, voilà ce qu’on fait ici, et voilà pour qui » ?

Ou est-ce qu’elle lui dit : « Bienvenue dans mon univers », et lui laisse le soin de comprendre tout seul ce que ça signifie ?

Si ta première phrase commence par le nom de ta pratique ou par une description de ta méthode, cette personne (qui était déjà curieuse) doit d’abord comprendre ce que c’est avant de savoir si c’est pour elle.

Et c’est un effort qu’elle ne fera probablement pas.

(C’est le mécanisme décrit dans pourquoi se définir par son métier ne parle pas à ton client.)


Exercice 2 — Le test du proche

Envoie le lien de ton site à quelqu’un qui pourrait être ton client. Pas un collègue. Pas un ami thérapeute. Quelqu’un qui a déjà vécu le genre de situation que tu accompagnes, ou qui pourrait s’y reconnaître.

Donne-lui 30 secondes. Pas plus. C’est ce que ton vrai visiteur t’accorde.

Puis demande-lui trois choses :

  • « C’est pour qui, d’après toi ? »
  • « Qu’est-ce que cette personne propose, concrètement ? »
  • « Tu aurais pris rendez-vous ? Pourquoi ou pourquoi pas ? »

Écoute les réponses sans expliquer. Sans corriger. Sans ajouter « oui mais en fait ce que je voulais dire c’est… ».

Ce qu’il te dit, c’est ce que ton site dit vraiment. Sans tout ce que tu sais et que tu projettes dessus.

Si ses réponses ne correspondent pas à ce que tu voulais transmettre, ce n’est pas qu’il a mal lu. C’est que ton site raconte autre chose que ce que tu crois.


Exercice 3 — Tes pages parlent de qui ?

Va sur ta page à propos. Ou ta page d’accueil. Ou ta page de prestation. N’importe laquelle.

Lis-la en entier et pose-toi une seule question : de qui ça parle ?

Combien de phrases parlent de toi (ta formation, ton parcours, tes valeurs, ta vision, tes outils) ? Et combien parlent de la personne qui te lit : ce qu’elle traverse, ce qu’elle cherche, ce qui l’a amenée ici ?

Tu n’as pas besoin d’un décompte exact. L’impression suffit.

Si trois pages parlent de toi et qu’une demi-phrase parle de ce que vit ton visiteur, il se retrouve dans la position de quelqu’un qui feuillette un CV. Il peut trouver ça intéressant. Mais il ne se sent pas concerné.

Or cette personne n’est pas venue lire ton histoire. Elle est venue voir si tu comprends la sienne.


Ce que ces exercices te montrent, et ce qu’ils ne te montrent pas

Si tu fais ces trois exercices honnêtement, tu vas voir des choses.

Des endroits où tes pages parlent de toi avant de parler de ton visiteur. Des phrases qui te semblent limpides mais qui ne disent rien à quelqu’un qui débarque, même curieux. Des paragraphes entiers qu’il faut décortiquer pour comprendre à qui ça s’adresse.

C’est déjà beaucoup. Parce que la plupart des praticiennes qui ont un site ne voient pas ces endroits. Non pas par négligence, mais parce qu’il est impossible de lire son propre texte comme quelqu’un qui le découvre.

Mais repérer un endroit flou, c’est une chose. Savoir quoi en faire, comprendre pourquoi il est flou et comment le reformuler, c’est autre chose.

Ça demande une méthode. Des questions précises, page par page.

J’ai créé un guide pour ça. Une méthode de relecture complète, avec les questions exactes à te poser pour lire chaque page de ton site depuis le point de vue de quelqu’un qui te découvre.

👉 Télécharge le guide ici (freebie)


Ce que ça dit de ta communication

Quand quelqu’un arrive curieux et repart sans agir, le réflexe c’est de se dire : « Il faut que je publie plus », « Il faut que je refasse mon site », « Il faut que je sois plus visible ».

Mais le problème n’est pas la quantité. Ni la visibilité. Le problème, c’est que ton site a été construit depuis l’intérieur, depuis ce que tu sais, ce que tu fais, ce que tu as appris. Et que personne ne l’a encore lu depuis la place de celui qui arrive, curieux, avec ses 30 secondes de patience.

Ça ne remet pas en question ton travail.

Ça dit simplement que ta communication n’a pas encore été relue depuis l’extérieur.

(Lire aussi : Se faire connaître en tant que thérapeute : pourquoi communiquer ne suffit pas)


Tu as repéré des endroits flous sur ton site, mais tu ne sais pas exactement quoi en faire ? C’est ce que je fais dans À la loupe : une lecture complète de ta communication depuis le point de vue de quelqu’un qui te découvre — pour que tu saches précisément où ça coince et pourquoi.

Élargis tes horizons avec ces prochaines lectures

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